Marcel DESCUDÉ

1871, 1907
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Marcel
Descudé
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Chimie
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Texte
; par :
Étienne Bolmont

Marcel DESCUDÉ (1871-1907)

Chef de travaux de chimie

Jean-Baptiste Marcel Descudé est né le 23 octobre 1871, à Mézin dans le Lot-et-Garonne, où son père est fabricant de bouchons. Il se marie à Grenoble le 20 septembre 1902 avec Jeanne Teintey et décède le 31 octobre 1907, sans avoir eu d’enfants. Descudé obtient deux licences, ès sciences mathématiques et ès sciences physiques, puis une bourse d’agrégation qui lui permet de suivre les cours de préparation à la Sorbonne pendant deux ans. Cependant il doit s’arrêter, faute de ressources, et il demande alors un poste de préparateur. Il est nommé en chimie à la Faculté des sciences de Grenoble en septembre 1898, auprès du grand chimiste François-Marie Raoult. Il y reste cinq ans, ayant en vain fait en janvier 1901 une demande de poste de chef de travaux à Clermont-Ferrant, où il connait un de ses anciens collègues de Grenoble. Ces années lui permettent de préparer et de réussir en 1903 un doctorat de chimie, sur Les condensations par le chlorure de zinc. Le jury comprenant Albin Haller* et Henri Pellat, président, lui accorde la mention très honorable et le félicite pour ses qualités, celles « d’un expérimentateur habile et analyste consommé ».

Descudé essaie alors d’obtenir un poste de maître de conférences, il est candidat en mai 1903 à Toulouse, mais aussi à Grenoble, sans que ces postes aient été déclarés vacants. Dans toutes ses requêtes, il reçoit le soutien d’Armand Fallières, alors président du Sénat, ami de ses parents et originaire du même village que lui. En novembre 1903, il rejoint la Faculté des sciences de Nancy où il est nommé chef de travaux de chimie. Il s’agit d’un poste nouvellement créé et destiné à l’École de brasserie, annexe de l’institut chimique. Il avait été demandé par le directeur de l’école, Paul Petit*, avec le soutien du doyen Ernest Bichat* et l’appui de Charles Bayet, directeur des enseignements supérieurs au ministère. La somme de travail y est très importante, 36 heures par semaine, et Descudé, « un peu surpris et étonné de la somme de travail que chacun doit fournir » selon le recteur Charles Adam, ne peut pas consacrer suffisamment de temps à ses recherches.

Il postule alors en juin 1904 pour un poste de maître de conférences à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand. En octobre, il obtient un poste de chargé de cours complémentaires à la Faculté des sciences de Marseille, où il remplace Paul Rivals. Jusqu’à la fin de l’année 1906, il y enseigne la chimie au certificat de sciences physiques, chimiques et naturelles à raison de trois conférences par semaine. Très apprécié par ses collègues, il est nommé professeur adjoint en janvier 1907, un poste qu’il ne va pas assurer longtemps, puisque cinq mois plus tard, il prend un congé de maladie de trois mois. Il attribue cette maladie – une bronchite aiguë avec hémoptysies – à ses « dangereux travaux de recherches chimiques ». Il a en effet beaucoup manipulé des composés organochlorés dans ses recherches. Il essaie de retrouver des forces à Mézin, son village d’origine ; sans avoir pu reprendre ses cours, il décède le 31 octobre 1907. Les recherches de Marcel Descudé portent sur la chimie organique, notamment sur les organochlorés. En cinq ans, de 1901 à 1906, il publie une vingtaine d’articles, sa thèse aux Annales de chimie et de physique, neuf articles dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, et douze autres dans le Bulletin de la Société chimique de Paris dont il est membre non résidant. Il publie essentiellement en 1901 et 1902, en préparation de sa thèse, peu pendant son passage à Nancy, et il rencontre des difficultés à Marseille, dans un laboratoire qu’il juge défectueux. Mais les nouveaux locaux de la rue Reynard à Marseille lui permettent de reprendre ses recherches, couronnées en 1906 par la présentation d’un mémoire à l’Académie belge, sous les auspices de Louis Henri, professeur à Louvain. Ce mémoire traite de l’ordre de substitution de l’hydrogène par le chlore dans le méthylol et son accueil montre la reconnaissance des résultats de ses recherches par ses collègues.

Étienne Bolmont

Bibliographie

Descudé Marcel (1901), « Action des chlorures d’acide sur les éther-oxydes, en présence de chlorure de zinc », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 132, 1129.

___ (1901), « Action des chlorures d’acide sur les aldéhydes, en présence de chlorure de zinc », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 132, 1567.

___ (1901), « Action du chlorure de benzoyle sur le trioxyméthylène, en présence de chlorure de zinc », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 133, 371.

___ (1902), « Formation du diacétate à partir de l’acétate de méthylène », Bulletin de la Société chimique de Paris, 27, 870.

___ (1902), « Action des alcools sur les chloracétine, diacétine, chlorobenzoïne, etc. Formation des formals correspondants », Bulletin de la Société chimique de Paris, 27, 1216.

___ (1902), « Propriétés de la chlorobenzoïne et de la dibenzoïne », Bulletin de la Société chimique de Paris, 27, 160.

___ (1902), « Sur l’action mutuelle des chlorures d’acide et du méthanal », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 134, 1065.

___ (1903), « Tension superficielle des mélanges d’alcool éthylique et d’eau », Journal de physique théorique et appliquée, 2, 348-350.

___ (1903), « Condensations par le chlorure de zinc (thèse) », Annales de chimie et de physique, 29, 486-560.

___ (1903), « Dérivés chlorés du chloroacétate et du diacétate de méthylène », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 136, 1565.

___ (1904), « Sur une nouvelle classe d’éthers-oxydes », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 138, 1703.

___ (1904), « Sur l’oxyde de méthyle bichloré symétrique », Comptes rendus de l’Académie des sciences, 138, 1110.

Sources d’archives

Archives nationales : dossier de carrière (F/17/23282).